Ecrire son histoire familiale dans un livre

Temps de lecture : 5 minutes

Compte rendu du Geneachat du mardi 11 février 2020

Mardi soir, une vingtaine de généalogistes, blogueurs pour une grande majorité, se sont connectés sur le chat du site pour échanger autour du sujet suivant

Seuls deux des participants à ce jour ont finalisé ce projet, tous les deux dans un cadre strictement familial – cousinade ou cadeau pour un parent proche – mais plusieurs sont en cours d’écriture, à différentes étapes, et presque tous les participants souhaitent le faire, un jour.

Au cours de la discussion, nous avons constaté que nous n’avions pas tous la même notion de ce qu’est un livre généalogique. Parle t’on de roman à partir d’un des personnages phares de notre généalogie, de biographie, à fins éventuels de publication, comme les ouvrages qui sont proposés pour participer aux prix Archives et Culture ? Ou s’agit-il d’un ouvrage papier, mis en forme de façon plus artisanal, à l’usage uniquement du cercle familial ?

en fait les livres tels que vous les décrivez, ce sont des articles de blog plus longs et sans mention des recherches faites, non ?

à partir du moment où c’est couché sur papier, c’est un livre, peu importe le contenu

Un bon livre pour moi, c’est un document que l’on a dans les mains et que l’on n’a pas envie de lâcher, peu importe le sujet.

je vois bien une étude historique sur une famille, ou un lieu, grâce à mes recherches de généalogie : est-ce que ça peut être appelé “livre de généalogie” ?

Nous avons convenu que dans les deux cas, il s’agit bien d’écrire un livre sur sa généalogie, mais nos échanges ont surtout tourné sur la seconde option : le livre plus ou moins étayé à l’usage d’un petit nombre de lecteurs.

Comment choisir son sujet ? Se limite t’on à une lignée, une branche, une personne ? Certains souhaitent travailler sur un village, d’autres proposent de suivre un plan à partir de thèmes : métiers, religion, justice, armée, notaires, records ou événements marquants …

Le plus simple est de choisir une personne sur laquelle on dispose d’assez de “données” pour pouvoir écrire. Ce qui ne dispense pas d’insérer un peu d’imagination car on ne peut pas tout savoir

Famille dans un premier temps, à étendre selon ses sosas stars qui ont une histoire plus ou moins connue

Pour la plupart, c’est cette question de la limitation du sujet, du plan à adopter, qui est le premier problème à résoudre. Mais tout le monde est d’accord qu’il faut limiter son sujet, que ce soit au niveau de la chronologie, des branches familiales étudiées ou des lieux concernés.

On peut faire différents livrets de 30/40 pages par branche au lieu de faire un gros bouquin

On peut envisager de faire ensuite plusieurs fascicules, sur le même principe, pour élargir le sujet, ou ajouter d’autres personnes, d’autres lieux, d’autres branches, en créant ainsi une sorte de « collection généalogique familiale ». La mise en place par fascicule pourrait éviter l’écueil du « catalogue d’ancêtres », de la liste de dates et de lieu, sans mise en contexte ou en perspective, que tout le monde veut éviter.

Le livre est ainsi considéré comme une sorte de sauvegarde papier de nos recherches généalogiques la plupart du temps numériques, avec une valeur ajoutée.

Quelle différence entre écrire des articles pour le blog de généalogie que l’on tient, et écrire un livre ? Si tout le monde est d’accord pour dire que les articles déjà écrits peuvent servir de base, beaucoup pensent que le style est forcément différent entre un livre et une succession d’articles.

on ne parle pas de la même façon sur un blog et dans un livre

on croit ça au début, puis on se rend compte qu’il faut tout retravailler pour unifier

c’est plus facile que de partir d’une page blanche

c’est une base qui doit obligatoirement être retravaillée

Il faut tout d’abord unifier le style entre les différents articles. Il faut également assurer les liens et les transitions, remplir les vides. Si le blog permet de s’habituer à l’écriture, de trouver ou de travailler son style, il faudra probablement retravailler encore lors du passage au livre. Pour certains, le blog a une contrainte de longueur des articles. On fait plus court sur un blog pour ne pas faire fuir les lecteurs. Cet argument est réfuté par d’autres blogueurs, qui ont constaté que leurs articles les plus longs et les plus fouillés sont souvent plus lus que d’autres articles plus – trop ? – synthétiques.

Il est faux de croire que les articles de blog courts sont davantage lus. a ma grande surprise ce sont les articles longs qui sont le plus lus.

faire court n’est pas forcément synonyme de lectorat…

Alors, faire court, faire long, changer de style ?

il ne faut pas confondre style et format. Notre style est une part intrinsèque mais après on l’adapte quand on écrit sur une page ou sur 200 

La bonne démarche c’est qd on a raconté son histoire

il faut s’adapter au public. Notre public est un public de généalogistes et je pense qu’il est différent de la famille ou d’un profane en général. Nous adorons les récits de recherches et de la quête de l’ancêtre introuvable. Là où ma famille aurait tendance à bailler…

Pour tous, c’est la partie recherches, celle qu’on aime raconter sur son blog, avec tous les détails et les fausses pistes, et dont nos collègues généalogistes raffolent, qui doit disparaître du livre. Cette partie ne va pas intéresser nos lecteurs, qui veulent qu’on leur raconte une histoire, celle de leurs ancêtres, et pas comment on les a retrouvés. C’est finalement plus le changement de perspective que le changement de style qui va faire la différence entre le blog et le livre.

Vient ensuite la question du contexte historique et sociologique. Tout le monde est d’accord sur le fait que le contexte doit toujours être abordé. Comment alors l’insérer dans son livre ? On peut utiliser la méthode des notes historiques – de bas de page, en encarts, ou en fin de livre. On peut insérer de petites anecdotes, quand on en a, des articles de journaux. Parler de la météo qu’il peut faire à l’époque où se tient le récit est aussi un élément important.

En contextualisant des faits personnels : “Pendant que la guerre éclatait, Jean épousa Marie”

créer des encarts historiques

en trouvant une anecdote par rapport à la famille qui ferait référence au contexte

des lignes de vie annotées avec événements historiques

Ce que j’aime c’est de reprendre les journaux d’époque est de reprendre des éléments comme la météo et les faits historiques locaux

le plus c’est les curés qui dissertent sur les événements locaux, mais ils sont rares

Il faut néanmoins avoir à cœur de ne pas faire d’anachronisme, de ne pas voir l’époque avec notre regard d’aujourd’hui.

Faut il romancer l’histoire qu’on raconte, intégrer des dialogues, faire vivre ses personnages ? Pour la plupart des participants, si on choisit de romancer un peu l’histoire, il faut bien le préciser au début du livre. Le public visé est la famille, à qui on veut transmettre une histoire factuelle – mais agréable à lire – de la vie de leurs ancêtres.

Au niveau pratique, une fois le livre terminé, on passe à son édition. L’auto-édition, à partir de sites sur internet, est choisie en majorité. Faut-il ou non faire payer le livre, ou au moins demander une participation aux frais ? Les avis sont partagés, mais si on fait payer le livre, il faut faire attention aux illustrations employées. Par exemple utiliser l’image d’un acte paroissial ou d’état civil obtenu sur un site d’archives rendrait la licence gratuite caduque si on fait payer le livre. En revanche, personne n’imagine que le livre familial, à l’intention de notre famille proche, ne contiendra pas des photographies de famille, des reproductions de cartes postales ou des photographies de lieu de vie de nos ancêtres.

il faut forcément illustrer, au moins avec des images du village si l’on n’a pas de photo d’ancêtres

ça serait un peu indigeste, non, sans images ? au moins des cartes postales des lieux si on n’a pas de photos des personnes…

Nous avons terminé cette heure de partage conviviale et instructive en constatant que nous avons tous des ancêtres préférés, ceux dont nous partageons plus souvent la vie sur nos blogs.

Ne pensez-vous pas que nos articles de blog sont aussi un moyen d’identifier nos ancêtres sur lesquels il est le plus agréable d’écrire?

je me suis d’ailleurs particulièrement attachée à certains ancêtres en écrivant sur eux

Le livre pourrait il être l’occasion de parler un peu plus des autres, de ceux que régulièrement on oublie ?

Brigitte

Brigitte

Généalogiste, blogueuse et passionnée par la généalogie génétique

9 thoughts to “Ecrire son histoire familiale dans un livre”

  1. Merci de ce résumé Brigitte !

    Comme beaucoup d’entre vous c’est un projet que j’aimerai voir se concrétiser un jour … en attendant je peux vous conseiller la lecture du livre d’Hélène Soula, “écrire l’histoire de sa famille” qui permet de mettre un peu d’ordre dans ses idées et qui donnent plein de conseils pratiques.

  2. C’est intéressant de pouvoir lire vos échanges auxquels je regrette de n’avoir pas pu participer. Je suppose que le sujet n’est pas épuisé. On pourrait encore parler de la méthode de réalisation : traitement de texte, mise en page, PAO … et des logiciels que vous utilisez pour cela. On pourrait aussi échanger sur votre expérience sur l’édition, afin d’avoir des conseils pour confier l’impression du livre à des services offrant un bon rendu qualité / prix.

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